Dans le recueillement de la pièce que le crépuscule envahit, les paroles tombent comme une promesse de force et de paix. Le mysticisme de cet homme est bienfaisant à ma détresse ; et j’implore :
— Monsieur le curé, vous qui savez prier, priez pour moi !
26 septembre.
Les journaux annoncent le retour de Robert à Paris, où ma lettre l’attendait. Que va-t-il dire et faire ? Je suis trop lasse pour m’en inquiéter… « Rien ne m’est plus », comme disait une illustre désespérée… Rien que cette idée : « Mon ami part dans quinze jours. »
Seule je vais être pour subir l’épreuve !… Lui dire la vérité et qu’il reste ?… Ah ! si j’étais libre, je crois que j’aurais la lâcheté de le faire ; et j’envie les femmes qui aiment hautement, devant tous, même un amant !… Moi, je n’ai pas d’amant !… Mais un fiancé, comme les jeunes filles ; — un fiancé que personne ne doit connaître…
29 septembre.
C’était un bienfaisant jour de repos, sans visiteurs, père chassant ces jours-ci en Sologne. J’avais essayé de faire de la musique, mais la force m’a vite manqué ; et j’ai dû retourner à ma chaise longue, où je me reposais quand un coup de cloche à la grille m’a fait tressaillir follement, avec l’absurde pensée que c’était Jacques qui venait me surprendre.
De loin, à travers les massifs, j’entrevoyais une silhouette masculine. Mais ce n’était pas la sienne…
Après quelques minutes, un léger heurt à la porte… Puis les tentures s’écartent ; et, devant le domestique qui s’efface, je vois entrer, non pas mon bien-aimé… mais celui qui de nom est encore mon mari. Oui, c’est Robert !…
D’un brusque élan je suis debout :