Il regarde, assombri, vers la forêt lointaine que, sûrement, il ne voit pas. Des minutes passent où je sens grandir le désir douloureux que cet entretien soit fini ! Mais je me tais ; et c’est lui qui reprend :
— Votre résolution inattendue m’est trop pénible, Viva, pour que je puisse l’accepter ainsi. Je vous supplie de… de réfléchir encore…
— J’ai bien réfléchi, Robert.
— Et votre père vous approuve ?
— Père ne sait rien encore.
Je vois s’éclairer les yeux de Robert et je devine que l’espoir lui revient. Jamais je n’aurais soupçonné qu’il pût lutter ainsi pour me retenir. Il lutte… pour lui ? pour le monde ?…
Peu m’importe.
En cette minute, père lui apparaît comme un allié naturel.
Et je ne lui enlève pas son illusion. Qui sait quand et comment nous nous reverrons ! je lui ai dit ce qu’il devait connaître.
Alors il est mieux de ne pas nous séparer en ennemis…