— Oh ! Viva, si tu savais quelle femme adorable, exquise, idéale j’ai rencontrée l’autre soir chez Mme de Riolles !
Je ne bronche pas ; Marinette est coutumière d’enthousiasmes aussi vifs, aussi inexplicables, aussi fugitifs que le sont elles-mêmes ses antipathies.
— Quelle est cette merveille ?
— La femme du docteur Valprince, tu ne connais pas ? un petit homme savant, sec et barbu. Elle, Viva, a été délicieuse pour moi ! C’est une femme élégante, la grâce même, avec quelque chose de mystérieux, des yeux prenants ! Elle est depuis peu en relations avec les de Riolles ; le docteur a soigné le père de Germaine de Riolles.
J’ai glissé, un brin moqueuse :
— Alors tu l’adores ?
— Pas encore… Mais je crois que ça viendra vite, si ma seconde impression est pareille à la première, qui a été foudroyante !
— Foudroyante me paraît, en effet, le mot qui convient !
— Viva, tu te moques… Mais, si tu la connaissais, tu dirais comme moi. Je voudrais déjà la revoir !
— Ce qui arrivera bientôt !…