— C’est certain !…
A mon accent, il ne pouvait se tromper : et ses yeux m’ont enveloppée d’un coup d’œil de plaisir et de malice :
— Certain… certain… je ne sais si le traité est signé encore. Mais c’est plus que probable.
— Robert vous l’a dit ?
— Non ; je n’ai pas vu le maître ces jours-ci. Seulement, hier, je suis entré chez sa belle interprète dans l’entr’acte du deux, et elle m’a annoncé la chose… qui semblait la ravir… Car elle conçoit, à merveille, tout ce qu’elle va récolter là-bas de triomphes et d’espèces sonnantes. Du reste, vous pourrez connaître demain des impressions. Burdel était en train de l’interviewer pour Comœdia.
Ce matin, en effet, j’ai lu l’article en question, où Huganne exhale son allégresse de s’en aller révéler la Danaïde aux Yankees.
Si elle part, lui aussi partira. Et je serai seule, à moi-même trois mois !… Ensuite… Que sait-on de l’avenir ?
5 juin.
Le traité est signé ! Toutes les chroniques théâtrales le proclament et enregistrent certaines clauses très flatteuses. Robert m’en a fait part officiellement ; tout à la fois épanoui, détaché et triomphant, sur une note discrète. Ce qui m’a confirmé que tout était réglé à souhait pour son amour-propre… et son amour tout court.
Je l’ai félicité sans qu’il soupçonne, trop absorbé d’ailleurs par sa propre satisfaction, à quel point il eût pu me retourner mes félicitations.