Et le visage de Claude eut une expression d'inflexible volonté.

Claire remarqua doucement:

—Toutes deux, vous avez du talent!... Moi, pas... Alors, c'est bien plus difficile de réussir...

—Ah! que sait-on?... Lily et moi, nous appartenons à la catégorie des objets de luxe. Vous, Claire, vous êtes une indispensable utilité. Alors, bon gré, mal gré, on recourra à vous.

Claire Hardouin écoutait avec un pauvre sourire sceptique. Elle avait perdu la faculté d'espérer; mais, comme les malheureux reçoivent l'aumône, elle recueillait les paroles de ses compagnes.

Une nouvelle visiteuse approchait de leur table, une jeune femme, Denise Charlannes, jolie sous ses cheveux oxygénés dont les lourds bandeaux enveloppaient la ligne souple de l'ovale, velouté par le duvet de la poudre.

—Bonjour, je suis contente de vous apercevoir!

Elle leur souriait de ses lèvres empourprées par le crayon qu'elle venait d'y passer. Veuve, avec deux petits à élever, elle servait de dactylographe à Bronstedt, le célèbre auteur dramatique. Et Claude questionna:

—Qu'est-ce que vous faites de votre grand homme?

—Un mufle, comme d'ordinaire. Hier, il s'est à peu près battu avec Régine.