—Ah! bien! Tu es donc parfaitement libre de cesser les séances.

—Cesser? Mais je n'en ai pas l'intention... du moins pour le moment.

Dans son accent, il y avait eu plus que de la surprise, une sorte de révolte frémissante, tout de suite maîtrisée par la volonté qui, aussitôt, s'affirmait.

Très calme, mais avec cette fermeté douce qui avait tant d'autorité, Mme Ronal dit:

—Pourtant cela vaudrait mieux, Claude.

La jeune fille, qui continuait d'aller et venir dans la pièce, s'arrêta court de nouveau; et ses prunelles sombres se posèrent sur le visage de Mme Ronal. Elle répéta:

—«Cela vaudrait mieux...» Je ne comprends pas, Élisabeth. Quelle idée avez-vous là?... Pourquoi voulez-vous me faire interrompre des séances qui, pratiquement, me sont très avantageuses?

—Oui... pratiquement... Mais à ce point de vue pécuniaire, tu as eu un très bel hiver. Donc le bénéfice de ces... soi-disant leçons est du superflu. D'ailleurs, toi et moi, nous tenons pour secondaires les questions d'argent.

—C'est vrai... Et alors?... Élisabeth?

Droite, elle se tenait devant la jeune femme, les sourcils soudain rapprochés, durcissant un peu le visage devenu impénétrable. Ses doigts caressaient doucement les violettes, sur la table, près d'elle. Du même accent dont elle avait déjà parlé, Mme Ronal continua: