Guisane, lui, est de nouveau très intéressé. Bien entendu, il a tracé d’elle, et continue à tracer, croquis sur croquis. En même temps, son cerveau de psychologue l’observe avec une attention que double l’attrait qu’elle exerce invinciblement sur tous les hommes. Il prend plaisir à causer avec elle; plus encore peut-être, à la faire causer.
Hier, il m’a dit:
—Votre amie est délicieuse et inquiétante.
Toujours ce même adjectif. Délicieuse, oui certes, elle l’est pour lui! Il est évident qu’il lui plaît fort,—je la connais si bien!—et qu’elle serait charmée de le conquérir; d’autant qu’il paraît toujours aussi insaisissable. Cette dernière appréciation n’est pas celle de maman, qui les voyant, ce matin, revenir d’une flânerie le long des petites plages de la côte, s’est écriée, impatiente:
—Voilà encore Maud qui s’affiche! Comment un garçon d’esprit tel que Guisane peut-il, lui aussi, se laisser prendre aux manœuvres d’une coquette!
J’ai protesté, sans réfléchir:
—Mère, croyez-vous vraiment qu’il se laisse prendre? Il l’observe, voilà tout.
—L’observateur est un homme jeune et l’observée ne voit aucun inconvénient...—au contraire!—à servir de sujet d’observation. Où iront-ils ainsi?... Dans sa situation, Maud devrait se tenir tranquille!... Et cette manière de venir pour deux jours, puis de s’éterniser ici!
Je n’ai pas répondu; et maman, mécontente, m’a quittée pour regagner sa chambre.
1ᵉʳ septembre.