—Il t’admire.
Elle a un geste d’insouciance moqueuse.
—Mon corps plaît à ses yeux d’artiste et d’homme... Et son esprit tourne autour de mon cerveau, voire même de mon cœur... Peut-être, volontiers, il deviendrait mon amant... si je n’étais ton amie... la pupille de ton père... s’il était pareil aux autres...
—Maud, tu ne penses pas ce que tu dis!
—Oh! si, je le pense!... Sois sûre que Guisane n’aurait pas l’idée de faire de moi sa femme... A moins que je ne me mêle de le griser pour conquérir, par surprise, sa volonté... Seulement, cela, je ne le veux pas. J’estime trop l’homme qu’il est, en ce moment du moins, pour chercher à l’abaisser jusqu’à moi.
«L’abaisser!»... Cette orgueilleuse humilité de Maud me stupéfie. Mais j’ai l’intuition qu’elle est sincère; et je mets affectueusement ma main sur son bras.
—Maud, ma chérie, tu dis des sottises! Tu sais très bien que, sans doute, Guisane autant que «les autres», pour parler comme toi, serait royalement heureux de devenir l’élu... Que sais-tu de l’avenir?
Elle se relève d’un bond.
—Mireille! Mireille, ne souhaite pas que Guisane s’attache à moi, s’il est ton ami...
—Si j’étais sûre que c’est pour votre bonheur... pour le tien avant tout, je le souhaiterais...