A ma vue, mère s’est exclamée:

—Enfin, Mireille, te voilà retrouvée. Où étais-tu donc?

J’ai expliqué évasivement:

—Je suis allée voir les enfants.

Elle n’a pas insisté; Bernard qui, lui, avait eu sur moi un coup d’œil attentif, l’a distraite par une question,—peut-être dans une charitable intention...

Mon Dieu, pourquoi mon nom, prononcé pour la première fois par Guisane, bourdonne-t-il sans trêve dans mon souvenir, avec cet accent que j’entends encore...

4 septembre.

Une nouvelle imprévue.

En arrivant à l’hôtel, pour le déjeuner, Guisane nous a annoncé qu’il était appelé par un camarade blessé, à Brest, ou dans les environs, je n’ai pas bien entendu, et qu’il nous quittait pour quelques jours.

En effet, à deux heures, il est parti par le courrier, après avoir pris congé de nous tous ensemble, groupés devant le Kelenn. Il m’a baisé la main, comme à mère, comme à Maud, avec un souriant: