—Adieu, madame. A bientôt, j’espère.
Que ce brillant officier, au masque si ferme qu’aisément on l’eût trouvé dur, était donc différent du Guisane qui, hier soir, me réconfortait avec tant de chaude compassion... De le voir ainsi, quel regret m’a saisie de m’être un instant trahie devant lui!... Heureusement, tantôt, j’ai été distante à souhait...
Donc, il est parti.
Est-ce la dispersion qui commence? Maud doit nous laisser dans deux jours pour Morgat où ses amis la réclament. Morgat, c’est tout près de Brest...
Le congé de Bernard marche à grands pas, hélas! vers sa fin, ce qui rend maman très nerveuse, assombrit père et semble mettre une gravité pensive dans les yeux de Christiane quand ils causent ensemble...
Bernard aussi est songeur et je le comprends. Car il hésite entre son ardent désir de demander Christiane, la crainte de la perdre par son silence et le scrupule de l’amener à s’engager pour un avenir tellement incertain.
Moi, j’ai ce matin, une nouvelle lettre de ma pauvre belle-mère, dans laquelle se trahit le besoin qu’elle a de ma présence; de celle des enfants, plus encore...
Je devrais partir, sans plus tarder, pour l’aller retrouver, comme il était entendu... Et je voudrais tant rester ici encore un peu...
5 septembre.
La bouleversante conversation que je viens d’avoir avec Maud!