—Dans ton cœur aussi? Ah! tu es bien sûre de toi, Mireille, bien forte, si tu peux ainsi lui commander de rester à jamais fermé à l’amour. Moi, j’en serais incapable!
—Parce que tu n’as pas vraiment aimé!
Un éclair a couru dans ses yeux qui m’interrogeaient:
—Aimé qui?... Pierre Ypsilof... Je l’ai pourtant épousé envers et contre tous! Dieu! ai-je assez lutté avec ton père pour qu’il me laisse faire... Ce Pierre, il m’avait attirée, toute, corps et âme... Un moment, j’ai été sa chose!
—Oui, un moment!... Tu as eu pour lui un caprice... Ce n’était pas le vrai amour...
La voix railleuse, les yeux sur la mer, elle répète:
—Un caprice?... Dis, une passion folle!...
—Si folle, Maud, qu’elle n’a pu se soutenir... Si tu l’avais vraiment aimé, tu ne pourrais imaginer même ta vie près d’un autre? Je l’adorais! mon Max.
Encore sur moi, l’étrange regard que je redoute.
—Ah! Mireille, loyale Mireille, il n’y a pas d’homme, crois-en mon expérience,—si grande, hélas!—qui vaille d’être adoré, pas plus que regretté toute une vie!