Ah! je voudrais être déjà dans la maison de Max, près de sa mère, pour me bien sentir toute à lui, autant que jadis...
8 septembre, 3 heures.
Pénible journée de bagages et d’adieux... Demain à cette heure, je serai déjà loin d’ici. Chaque fois que la conscience m’en revient, une angoisse me serre le cœur... Et combien douloureusement!
Ah! que je le sens donc, une fois de plus, «partir, c’est mourir un peu...»
Petit pays qui m’as été doux, quel «arrachement» ce m’est de te laisser!
6 heures.
Je pars; et maintenant, c’est avec l’espoir qui m’est une force, d’avoir fait deux heureux...
Le hasard...—autrefois mon âme confiante eût dit la Providence!—le hasard donc m’a largement aidée.
Christiane était venue, pour la dernière fois, prendre le thé dans notre cher jardin, devant la mer, et elle m’avait apporté, sur ma demande, une photo d’elle en infirmière, faite par une de ses compagnes, où elle est exquise. Si vraiment elle!
Je regardais l’image qui me plaît tant, je la comparais à l’original, quand la cloche de la grille a tinté et j’ai vu apparaître Bernard qui s’est écrié joyeusement, nous apercevant toutes deux, assises dans le jardin, devant la table à thé: