—Oh! non, pas pénible! Cela me fait tant de bien de savoir que vous m’êtes ainsi attaché! Il valait mieux que l’un et l’autre nous nous révélions, en toute loyauté, ce que nous pensons... Ainsi, désormais, je compterai sur vous, comme sur le meilleur, le plus cher de mes amis, et vous savez, qu’en retour, je vous donne de moi... tout ce que je puis encore donner... Vous serez très généreux, n’est-ce pas? Vous m’aiderez, au lieu de me tenter, à accomplir ce qui me semble être mon devoir...

Guisane ne pût maîtriser un cri de révolte.

—Mireille bien-aimée, je ne suis pas un saint et c’est un renoncement de saint que vous me demandez là!... Je ne suis qu’un pauvre homme qui, tout entier, désirait le bonheur par vous et qui souffre...—comme jamais davantage il ne souffrira...—que vous le lui refusiez...

—Cher, si à ce prix seulement vous pouvez retrouver la paix, il faudra faire... tout!... pour m’oublier!

Il haussa les épaules.

—Vous oublier!... Moi aussi, Mireille, je suis de la race des fidèles!

—C’est pourquoi j’aime tant votre âme, j’ai tellement foi en vous...

—O mon cher, cher amour! dit-il tout bas.

Et, d’un geste de protection, sa main se posa sur les cheveux souples. Mais, pour elle, il eut la force de ne pas céder à la torturante tentation de baiser le cher visage qu’il avait attiré sur sa poitrine. Seulement, comme à la lueur du feu il apercevait de grosses larmes qui filtraient sous les paupières abaissées, il se pencha et ses lèvres les burent...

Devant la porte, des pas d’enfants résonnaient et la voix de Jean demanda: