Un cri bondit du cœur de Mireille:
—Tais-toi!... Ne me dis pas cela!
—Mireille, tu veux savoir... Pense, je t’en supplie, que nous avons un moment perdu la raison... Et que l’acte des insensés doit être pris comme tel...
Une expression d’amertume infinie crispa la bouche de Mireille.
—Ce soir-là, seulement, vous avez été fous? Maud, ne me mens pas! Il faut que je connaisse la vérité!
—Cette semaine-là, tandis que tu étais absente... Et puis, tu es revenue... Après, la guerre a éclaté...
—Alors?...
—Alors, il m’a laissée... pour toujours!
Mireille, comme si la force, soudain, l’abandonnait, se laissa tomber sur le divan où, tant de fois, près de lui, elle avait connu de si doux instants... Le murmure du passé lui arrivait en rafales...
Maud continuait à tordre ses mains d’un geste machinal; elle aussi regardait vers les jours enfuis.