Mᵐᵉ Ypsilof eut son geste familier et haussa les épaules.

—Je n’ai pas de conscience... Je n’ai qu’un appétit de bonheur... de bonheur tel que je le comprends... si impérieux que je sacrifie tout pour le rassasier... Sois tranquille, je n’épouserai qu’un être à ma hauteur... qui m’apportera... ce que moi-même je lui offrirai... Nous serons quittes!... Tu le sais bien que je me juge indigne d’un homme comme Guisane...

—Ne parle pas de Guisane!... commanda Mireille d’un élan dont elle ne fut pas maîtresse. Que son nom même ne soit pas mêlé à ces vilenies!

—Mireille, il faut pourtant que je te dise quelque chose qui te fera mieux encore pénétrer ce qu’il est... Il sait qu’un moment... Max a mal agi envers toi...

—Il sait!... Comment sait-il?

—Parce que... pendant les dernières heures qu’ils ont passées ensemble, Max lui-même a avoué la trahison qu’il se reprochait tant...

Mireille regarda sa cousine avec des prunelles où il y avait de la stupeur.

—Mais comment, toi, Maud, sais-tu ce qu’ils ont dit ensemble?

—Là-bas, à Morgat, Guisane et moi, nous avons parlé de toi. Il m’a fait une réflexion qui m’a montré qu’il connaissait la vérité... Mais tu as vu, même pour t’obtenir, peut-être, toi qu’il adore... il n’a pas voulu altérer le souvenir que tu gardais de Max! Mireille, il m’a semblé que cela, il valait mieux que tu l’apprennes. Maintenant, tu n’ignores plus rien... Je n’ai plus qu’à te dire adieu...

Elle se levait et passait la main sur son front d’un geste d’infinie lassitude. Mireille, épuisée, n’avait plus une parole.