—... Je n’ai plus qu’à te demander pardon... oh! de toute mon âme, avec tout ce qui s’y trouve de moins mauvais... de ma trahison, du mal que je viens encore de te faire et que j’aurais tant voulu t’épargner... Car c’est pour te l’éviter que j’ai résisté, bien des fois, à la tentation de m’accuser devant toi... Ah! pourquoi cette lettre est-elle tombée entre tes mains!
—Parce que la justice l’exigeait, prononça lentement Mireille.
—Oui, la justice est sans pitié!... Ah! de la pitié, Mireille, aies-en pour moi, je t’en supplie!... Souviens-toi que Max t’a donné ce que personne d’autre n’a eu de lui... Méprise-moi, je le mérite. Mais... plus tard... pense à moi sans colère...
—Je n’ai pas de colère, mais seulement de la souffrance... Ah! une souffrance pire encore que quand j’ai appris qu’il m’était enlevé!... Il ne me reste plus rien de lui. Pas même le souvenir de notre amour qui me fait mal... et dont j’ai presque l’horreur maintenant!... Oh! je voudrais mourir!
Maud la contemplait avec des yeux désespérés.
—Mireille, quand tu auras lu sa lettre, je suis sûre que tu ne penseras plus ainsi...
—Cette lettre, tu vas me l’envoyer aujourd’hui même. Je ne peux pas attendre!...
—Tu l’auras ce soir... Je te la confie. Adieu, Mireille.
—Adieu...
Une seconde, elles se regardèrent, sans un geste l’une vers l’autre. Puis Maud se détourna et sortit.