Aussi, il la sentait redevenue religieuse. Et il ne se trompait pas. De toute son âme, qui n’espérait plus rien, elle disait la prière qui, un soir, lui avait jailli du cœur: «Mon Dieu, je sais bien que devant Vous je ne suis qu’une pauvre petite chose, incapable de comprendre le pourquoi de votre volonté... La douleur atroce que moi et tant d’autres nous subissons est permise par Vous, pour des desseins que nous ne pouvons pénétrer...
«Mon Dieu, mon cœur est révolté parce qu’il est faible... Que la souffrance l’affole... Mais ma pensée reconnaît que votre sagesse voit ce qui doit être...
«Seulement, que cette souffrance acceptée assure, je vous en supplie, le bonheur de celui que vous m’avez pris, des disparus que j’ai connus, de ceux que j’ignore, de ceux à qui nul ne songe...
«Mon Dieu, ayez pitié de moi, de mes sœurs en douleur! Nous avons tant besoin de Vous!»
Guisane était reparti, quinze jours avant qu’elle-même revînt à Paris, pour le mariage tout intime de Bernard et de Christiane, célébré pendant la permission du jeune homme. Le général de Vologne était venu quelques heures pour y assister. Maintenant, Bernard se battait, comme Guisane, et sa jeune femme était retournée se dévouer à l’hôpital.
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Un coup frappé à la porte de la chambre fit tressaillir Mireille qui songeait, interrogeant le redoutable inconnu:
—Entrez. Qu’y a-t-il?
—M. Dabrovine fait demander s’il peut voir Madame.
—Mais, bien entendu. Il est au petit salon?