—Comme vous deux!

La jeune femme eut un rire léger:

—Nous? oh! nous sommes des soldats à leur poste; toi, tu es une maman dont les petits n’ont que toi... Autre chose encore. Bernard, dans son mot, ce matin, me demande si tes parents, ou toi, avez des nouvelles de Guisane dont il n’a pas entendu parler depuis plus d’un mois.

Ainsi, à Bernard non plus, il n’avait pas écrit. Que c’était donc effrayant, ce silence absolu! Était-il prisonnier?... blessé?... ou...? Sa pensée n’acheva pas. Mais elle devint si blanche que Christiane la regarda, saisie.

—Mireille, qu’as-tu?

L’impression avait été tellement forte que, devant le cœur compatissant et tendre de Christiane, son secret lui échappa:

—J’ai peur qu’il ne soit arrivé malheur à Guisane... Car, à nous non plus, il n’a pas donné de nouvelles depuis plus de cinq semaines... Ni à père... Ni à moi...

Sans marquer la surprise, Christiane demanda:

—Et il t’écrivait souvent?

—Du moins, très régulièrement... De rares lettres, mais des cartes, quelques lignes pour me tranquilliser...