Il murmura encore:

—O chère aimée!... Allez-vous donc me retenir dans la vie? Car... Écoutez que je vous confesse la vérité... Quand je me suis vu atteint... le plus cruellement que je pouvais l’être! j’ai compris que je serais incapable de supporter un éternel supplice, qu’il valait mieux en finir tout de suite...

—Patrice! Oh! Patrice!

—Pourquoi vous étonnez-vous?... Pourtant, vous le savez bien, que ma vue m’était plus précieuse que la vie... Plus que mon bras! Car j’arriverais bien, s’il le fallait, à peindre de la main gauche... Avec l’habitude! Mais ne plus voir! Pour moi, c’est un supplice de damné... J’aime mieux la mort!... mille fois... sans hésitation...

—Et ainsi, perdre à jamais votre Mireille, à qui vous avez promis, pour toujours, votre dévouement...

—Mireille, ce qui m’a retenu jusqu’ici dans la vie, c’est par-dessus tout votre souvenir... la soif de vous revoir!

Le mot lui était venu naturellement. Mais aussitôt, lui comme elle, en sentit la tragique ironie, et il corrigea:

—Vous revoir... vous sentir encore près de moi...

—Et je suis près de vous... de nouveau...

Sa main se posait sur les doigts amaigris, les frôlant d’un geste caressant.