6 juin.
Ah! qu’elle est bien tombée dans le passé, ma douce vie de Fontainebleau, si paisible...
Pour suivre Max, j’ai repris rang dans la farandole mondaine qui nous entraîne, sans repos, vers la clôture de notre saison.
Ensuite, vont venir les villégiatures d’été, Deauville, les chasses; toujours en société nombreuse et trépidante, hélas!
Comme il me hante, ce désir d’une existence autre qui s’est insinué en moi si impérieusement. Je n’en dis plus rien à Max, toujours très satisfait de notre sort. Et sans doute, il a raison. Est-ce que je deviendrais misanthrope?... Pourquoi est-ce que je me replie ainsi sur moi-même et recommence à vivre en dedans, comme au temps où j’étais jeune fille?...
Il ne faudrait pas cela. Mon devoir, il me semble, pour le présent, du moins, est d’être telle que Max le souhaite; de le suivre dans le tourbillon pour qu’il ne m’échappe pas, mon cher, mon brillant époux, trop adulé par toutes les femmes qui ont l’intuition du pouvoir qu’elles possèdent sur lui.
Peut-être, après tout, les années passant, il éprouvera aussi la fatigue du vide où nous nous agitons. Peut-être, aussi, est-ce à moi de l’amener à désirer plus de la vie...
Mais que ce sera difficile!... Nous avons, je le comprends, maintenant, des natures tellement différentes... Chaque jour m’en donne une conscience plus profonde. Et c’est triste!
Ah! je ne veux plus penser à cela! Il me faut, comme Max, être convaincue que notre vie doit être une charmante et amoureuse aventure. Rien de plus!
29 juin.