—Oui... oui, père...

Nous avons parlé d’autre chose.

Mais l’horrible crainte ne me quitte plus. Le soir, j’en ai dit quelques mots à Max qui, pour toute réponse, a répliqué allégrement:

—Mon amour, laisse donc la politique en paix et ne t’agite pas. Les diplomates arrangeront tout cela. Sois sans crainte! C’est leur métier.

Et comme nous allions dîner à Armenonville avec les de Permes, il a fini:

—Tu es prête, mon petit? Dieu! que tu es jolie ce soir!...

12 juillet.

Jamais je n’ai tant lu de journaux et avec un pareil intérêt...

Père ne me dit plus rien. Maman ne paraît pas du tout tourmentée par cette idée de guerre et organise paisiblement son été. Bernard, à qui j’ai laissé voir mon inquiétude, s’est exclamé:

—La guerre?... Tout est possible!... Eh bien! ce serait très intéressant, la guerre! Cette fois, j’espère bien que nous arriverions à flanquer une bonne pile aux Allemands... Quel délice!