Les souvenirs de cette soirée me déchirent. Tantôt, quand je suis entrée dans la lingerie, chercher de la toile pour les ambulances, ma femme de chambre, justement, rangeait la robe de linon que je portais ce soir-là... Je me suis enfuie pour ne pas voir ces dentelles, ce corsage que Max a touchés...

10 août.

Toujours rien! Les journaux parlent de combats sanglants, s’appliquent à faire des phrases fortifiantes.

Qui peut les croire?...

Notre propriété d’enfance en Lorraine doit, maintenant, être la proie des Boches!

Père essaie de me réconforter. Mère est compatissante. Mais elle pense surtout à Bernard, pour qui elle tremble comme moi pour Max.

Où es-tu, Max, mon Max? Ah! quelle incessante prière supplie dans mon cœur déchiré!

14 août.

Enfin! enfin! quelques lignes griffonnées sur le pilier brisé d’une église, dans un village en ruines, encore tout fumant de l’incendie. Mais un mot vaillant; si j’osais, je penserais, presque allègre. Max se bat avec une sorte d’ivresse.

Il m’écrit des choses délicieuses: