Ah! cette voix! Comme elle remue la cendre qui recouvre mon cher passé. Pourquoi... Oh! pourquoi la destinée a-t-elle remis cet homme sur mon chemin, pour me rappeler tant de choses!
Je demande, la pensée absente, retournée vers ce qui fut:
—Vous êtes ici depuis longtemps?
—Mais non!... Depuis ce matin seulement. Il m’a fallu déambuler de droite et de gauche pour me découvrir un gîte... Ce pays est, d’une façon déplorable, la proie des baigneurs!
—Et vous avez trouvé? questionne père, amusé.
—Oui, enfin, tout à l’heure... Vous savez, le prestige de l’uniforme est très puissant!
—Alors, vous restez quelque temps ici?
Au fond de mon cœur, une anxiété frémit. Qu’il m’est donc pénible de revoir Patrice Guisane!
—Oui, quelque temps. J’y suis en congé de convalescence.
—C’est vrai... Vous avez été blessé.