28 juillet.
Je suis devenue si craintive de voir du monde que j’avais évité Mˡˡᵉ de Vologne. Mais comme je promenais Jean sur la falaise, je me suis tout à coup trouvée face à face avec elle qui, à ma vue, s’est arrêtée court. J’ai deviné qu’elle se demandait si elle devait, ou non, m’aborder. Mais il y avait dans les yeux qui se posaient sur moi tant de sympathie que c’est moi qui, d’un mouvement spontané, lui ai tendu la main.
Elle a eu un sourire charmant.
—Alors, je ne m’étais pas trompée, madame, c’était bien vous que j’avais cru reconnaître au Kelenn.
—Moi aussi, mademoiselle, je vous avais reconnue; mais il faut que ce soit le hasard qui nous rapproche... Car j’ai encore la lâcheté de fuir ceux qui me rappellent autrefois...
Les yeux bleu sombre m’ont fait, de nouveau, don de leur pitié chaude.
—C’est bien naturel!... Voulez-vous, madame, croire à tout ce que j’éprouve pour... pour... votre malheur!
J’ai murmuré «merci»... Mais comme je ne puis supporter une allusion même à ce malheur, j’ai tout de suite continué, laissant Jean galoper autour de nous:
—Vous êtes en villégiature ici, mademoiselle?
Elle s’est mise à rire.