—Je suis en congé de convalescence.
—En congé?... De convalescence?
—Mais oui!... Depuis le début de la guerre, je suis infirmière. Vous pensez bien, madame, que je ne pouvais faire moins, ayant un père qui se bat et un frère blessé et prisonnier.
—Je vois, en effet, souvent, dans les journaux, le nom du général de Vologne, un de nos meilleurs chefs à l’heure présente.
Un éclair de plaisir passe dans les yeux de Christiane.
—C’est pourquoi j’ai tant d’orgueil à son sujet!
—Vous en avez bien le droit!... Mais, vous parlez d’un congé de convalescence. Avez-vous été souffrante?
—J’ai eu la maladresse de m’infecter, en faisant un pansement, un doigt auquel j’avais une écorchure, à ce point microscopique que je ne la soupçonnais pas! Et, pourtant, elle a suffi pour me faire courir le risque de perdre le doigt, sinon le bras... Sans doute parce que j’étais très fatiguée au moment où l’accident s’est produit.
—Il y a longtemps?... Vous avez l’air si vaillante!
—Il y a deux mois. Et je suis arrivée ici, il y a trois semaines, pareille encore à un vrai chiffon. Mais, dès le lendemain, j’ai commencé à passer mes journées en mer avec des amis qui sont des marins convaincus... Et vous pouvez, madame, constater le résultat de cette agréable médication.