—Jeune madame, ne vous moquez pas de votre papa!... Quand vous aurez lu les pages dont je vous parle, vous me comprendrez... Je te donnerai le volume, tantôt.

Maman et Guisane, réconciliés, continuent à causer. Père a repris, baissant un peu la voix:

—Savais-tu qu’il s’est trouve à Verdun avec Max pendant... la dernière semaine? Il m’a parlé de lui...

J’ai un frisson d’angoisse contre lequel je me raidis.

—Au lieu de le fuir comme tu le fais, chérie, tu devrais causer avec lui, de Max...

Mon cœur s’est mis à battre très vite. Quel effort de volonté il me faut pour me dominer et répondre:

—Quand je m’en sentirai la force, je l’interrogerai.

Père toujours délicat et bon n’insiste pas; et je ne lui dis pas que j’ai peur d’entendre parler de Max d’une façon qui me serait douloureuse; ou, simplement, me froisserait...

1ᵉʳ août.

A mon journal seul, je le confesse, mais ce m’est un repos, presque une délivrance, de constater que mère se plaît ici dans la société très parisienne que nous avons eu la chance, pour elle, de retrouver; et qui est bien à son unisson, quant à goûter les quelques distractions que la guerre permet.