Insatiable, je lis, je relis cette page, où revit Max, à ce point que j’ai la sensation d’être près de lui...
Pourtant, d’instinct, je lève la tête vers le large ciel où nous cherchons nos bien-aimés, disparus...
Mon regard, lourd des visions qu’il vient, éperdument, de contempler, distingue alors, devant moi, sur le sentier qui grimpe de la plage, celui-là même qui a créé la chère et poignante résurrection...
Il observe le ciel en flammes.
Ai-je une exclamation inconsciente?... M’a-t-il aperçue, en montant?... Il se détourne, reprenant sa marche; et instinctivement, ce que, la veille, j’aurais juré impossible, j’ai vers lui un geste d’appel. Je suis tellement bouleversée que ma farouche réserve en est brisée. Il n’y a plus que mon âme, ma pauvre âme déchirée, qui existe en moi et lui crie, quand je le vois approcher, m’enveloppant d’un regard très bon:
—Merci!!... oh! merci!...
Et mes deux mains se jettent dans les siennes qu’il me tend. Il a vu, sur mes genoux, la Revue; et il a compris...
—Ne me remerciez pas, madame. J’ai rempli un strict devoir en proclamant, de mon mieux, la part de gloire que votre mari s’est acquise ce jour-là. Quand j’ai appris qu’il s’était offert pour cette mission, j’ai fait tout pour l’empêcher de partir, pensant à vous, madame. Mais il n’a jamais prétendu y renoncer...
Je ne sais pourquoi j’ai la pensée—une intuition—que Guisane a voulu prendre sa place et que Max a refusé. Mais cela, jamais il ne me le dira... Pas plus qu’il ne le laisse soupçonner dans son article, où il s’efface complètement.
Combien, tout à coup, il me paraît un ami, lui que j’ai tant détesté!