Tout bas, je murmure, et l’on dirait que c’est mon âme qui parle:

—Ne regrettez rien. Tout est bien ainsi!... Maintenant, je vais reprendre un peu de vaillance auprès de mes petits... Les derniers moments de Max ont été bien douloureux à revivre... Mais votre jugement sur lui me fait beaucoup de bien!...

—Tant mieux! madame. J’en suis infiniment heureux!... Alors, maintenant, vous voudrez bien me considérer pour ce que j’ai toujours été à votre égard, quoi que vous supposiez...

Je me sens un peu rougir.

—... Un ami... Il était d’ailleurs tout naturel que je le sois pour la petite sœur de Bernard!

Et comme un écho bien sincère, je réponds:

—Ah! maintenant, je ne pourrai plus vous voir autrement que comme un ami!... Au revoir, et merci, encore et toujours!

Il ne relève pas mes paroles. Simplement, il se penche sur mes deux mains, que d’un élan je lui ai données. Ses lèvres les effleurent. Et, sans un mot de plus, nous nous séparons, après que mes yeux, pleins de gratitude, se sont, une seconde, posés sur lui.

Toujours, il me semble, je le verrai ainsi, sa grande taille découpée sur l’admirable fond de la mer et du couchant qui flamboie derrière le Creitzker.

Ah! comme j’avais, à faux, jugé cet homme!