—Je suis sûr que tu le connais très bien, ton papa?
Et Jean de répondre avec un éclat de rire, comme à une question tout à fait oiseuse:
—Bien sûr, je le connais!... Il est là...
Et sa tête bouclée se tourne vers le portrait que je l’ai habitué à regarder chaque jour.
—Tu sais ce qu’il a fait de beau?
—Oh! oui, maman a dit. Il a voulu faire partir les méchants Boches; et ils l’ont toué! Alors le bon Dieu l’a pris avec lui pour qu’il soye très heureux!
—Et pour le récompenser de n’avoir jamais eu peur... Tu as bien raison de vouloir être comme lui!
—Moi non plus, je n’ai jamais peur! affirme Jean, vivement. Je vais très bien dans le noir... et je ne crie jamais, quand la vague passe sur ma tête!
Ici, je veux interrompre le dialogue, ayant peur d’abuser de la bonne grâce de Guisane dont l’accent et l’attitude me rassurent cependant.