— Oh, dear ! Je commençais à m’inquiéter de ne pas vous voir arriver ! Jusqu’au jour où je vous posséderai à Cannes, près de moi, j’aurai toujours peur que vous ne m’échappiez.

— Sommes-nous en retard ? Est-ce qu’il est l’heure ? interrogea Suzy avec anxiété, pendant que lady Graham répondait, très gracieuse, au salut de Mme Douvry.

— Oh ! non, vous avez encore un quart d’heure ! Donnez-moi votre billet, Simmons va faire enregistrer vos bagages.

Elle fit signe au valet de pied qui se tenait à quelque distance, attendant les ordres. Puis, elle continua affectueusement :

— Je vous laisse avec votre mère, car je pense que, en ce moment, je ne serais pour vous qu’une importune… Ah ! M. de Flers !

En effet, Georges de Flers approchait. Dès qu’il se vit aperçu, il salua profondément lady Graham. A la main, il tenait une gerbe de roses et des violettes ; il présenta les roses à la jeune femme.

— Madame, veuillez les accepter avec mes meilleurs vœux pour votre bon voyage ! fit-il de son air de courtoisie respectueuse.

Et se refusant à accepter les remerciements de lady Graham, il poursuivit, s’adressant à Mme Douvry, debout auprès de Suzy :

— Voulez-vous permettre, madame, à mademoiselle Suzanne d’accepter aussi quelques fleurs ? Ce sont les violettes qu’elle préfère, je crois… Il me semble lui en avoir entendu faire l’aveu au Castel…

Suzy lança un regard suppliant vers sa mère, qui ne songeait certes pas à lui rien refuser en cette heure de départ. Puis, elle prit les fleurs et les respira avec un plaisir d’enfant.