Mme Vilbert eut un regard étonné.

— Que veux-tu dire, André ?… Je ne comprends pas…

Alors André se mit à expliquer, avec une vivacité qui le transformait, les projets de M. de Guillancourt…

Sa mère l’écoutait attentive, un peu surprise de l’intérêt que son fils apportait à la réussite d’une affaire.

— Combien tu souhaites voir M. Douvry chargé de la direction de cette entreprise !… Tu as raison, d’ailleurs, mon fils. M. Douvry est un bon ami pour toi, n’est-il pas vrai ?

— Mère, chez lui, je retrouve une famille !

— Tant mieux, car tu dois être bien seul, parfois, à Paris ; si j’étais plus jeune, mon enfant, j’irais vivre près de toi !… du moins quelque temps ! Mais on ne déracine pas les vieilles plantes !

Mme Vilbert s’arrêta. La lampe était placée à l’autre bout de la chambre ; l’abat-jour en affaiblissait la clarté, et André distinguait seulement la silhouette toute sombre de sa mère, où se détachaient en lumière le visage pâle, encadré par les cheveux blancs, et les mains croisées sur la robe noire.

— André, reprit tout à coup Mme Vilbert, André, tu devrais te marier !

Le jeune homme tressaillit :