— Alors, André, pourquoi n’épouses-tu pas cette jeune fille ?
— Je l’ai priée de m’écouter, un soir…
André s’arrêta.
— Et elle n’a pas voulu ?
— Elle allait partir pour Cannes parce que son voyage était utile aux siens, et il était trop tard pour qu’il me fût possible de plaider ma cause… Elle ne pouvait se décider aussi promptement, et j’attends son retour avant de perdre tout espérance…
Mme Vilbert écoutait avec son cœur, sentant quel désir profond gardait André d’obtenir un jour l’amour de Suzy.
— Comme il me semble bon, mère, de prononcer son nom devant vous !
Mme Vilbert sourit. Peut-être dans son souvenir, passait-il la vision du temps où elle était une jeune fiancée, aimée certes autant qu’André aimait Suzy.
Sa main pâle caressa les cheveux de son fils, assis sur un siège bas, près d’elle, comme autrefois, alors qu’il était petit garçon.
— Parle-moi d’elle, mon enfant, afin que moi aussi je la connaisse, dit-elle doucement.