André tressaillit à ce nom… Combien il montait facilement aux lèvres de Suzy !… Et de même que la veille, il éprouva l’impression qu’elle lui échappait.
Elle poursuivait, tout animée :
— Aujourd’hui nous allons assister à la bataille des confetti. Lady Graham m’a fait faire un domino comme le sien. Puis, j’ai mon masque !… Jamais de ma vie, je n’avais passé un carnaval aussi gai !
— Aussi vous allez tant vous plaire à Cannes que vous n’en voudrez plus revenir !
Elle répliqua vite, une flamme dans les yeux :
— Ceux que j’aime le plus sont à Paris. Je ne pourrai jamais regretter d’y revenir… Mais… mais j’aime Cannes, aussi… et j’y suis heureuse !
Sa voix avait pris une singulière douceur en disant ces derniers mots dont l’accent de conviction profonde frappa André. Une envie folle le saisissait de la questionner, mais elle n’en sut rien.
D’ailleurs, le tintement clair de la pendule qui tombait à travers le bruit de leur causerie les interrompit.
— Mon Dieu, est-il si tard déjà ?… Alors, lady Graham va venir me demander ! L’heure de notre départ pour Nice approche.
Et comme André se levait vivement, elle continua, en l’arrêtant :