Le dilettante avait disparu devant l’homme…
Elle restait sans répondre, bouleversée par la brusquerie de la scène, regardant d’un œil machinal les taches rousses qui marbraient la blancheur de sa robe, tant les flammes l’avaient frôlée ; aspirant l’air frais, saisie par le calme de ce petit enclos où n’arrivait qu’assourdie, la rumeur de la foule, de l’autre côté de la maison.
Georges répétait anxieux :
— Mademoiselle Suzy, parlez-moi !… Dites-moi que vous n’êtes pas blessée ! Oh ! parlez-moi, je vous en supplie !
L’accent de cette voix inquiète la ranima soudain. Il l’avait fait asseoir sur les marches d’un puits un peu élevé ; elle dit, avec un petit sourire encore effrayé :
— Mais je n’ai rien du tout !… Tranquillisez-vous… J’ai eu peur seulement !… Oh ! que c’est terrible, les incendies !…
Elle levait les yeux vers lui, comme pour lui demander protection et elle rencontra son regard. Il la contemplait avec une expression de douceur émue qu’elle ne lui avait jamais vue et qui la fit tressaillir.
Une joie pénétrante montait en elle, l’enveloppant, lui ôtant même le souvenir de la frayeur qu’elle venait d’éprouver… Comme c’était bon de sentir qu’il avait eu peur pour elle, qu’elle lui devait peut-être d’avoir pu sortir de l’horrible salle basse !
La voix tremblante, elle dit :
— Je suis bien fâchée de vous avoir tourmenté ! Je n’ai pas réfléchi du tout. J’ai voulu seulement aller chercher l’enfant…