— C’est que vous n’êtes pas encore habituée à votre rôle d’héroïne ! répliqua la jeune femme d’un ton d’affectueux badinage. Mais voici la voiture. Vous êtes sauvée des démonstrations de toutes ces bonnes gens.

Et ce disant, Suzy installée à ses côtés, Mme de Pruynes enleva son attelage.

Lady Graham, en effet, surprise de ne pas voir revenir les promeneurs, les attendait, presque inquiète, sur la terrasse.

— Enfin ! dit-elle, apercevant la voiture qui s’avançait dans un tourbillon de poussière.

— Chère amie, ne nous grondez pas ! lui jeta Mme de Pruynes. Vous ne pouvez soupçonner quels événements tragiques nous attendaient au Cannet ! Ni de quel cortège de personnes dévouées vous m’apercevez entourée !

— Lady Graham, vous voyez en nous des sauveteurs improvisés ! continua gaiement M. de Pruynes.

Sa femme l’interrompit et commença vite le récit de leur promenade mouvementée, tandis que Suzy descendait de voiture, désireuse de fuir les éloges de Mme de Pruynes.

Georges avait mis pied à terre pour recevoir son adieu.

— Je vous remercie beaucoup d’être venu à mon secours, de m’avoir fait sortir de cette affreuse maison !…

— Vous n’avez pas à me remercier !… J’ai eu si peur pour vous…