Un après-midi, comme elle était dans sa chambre, lady Graham la fit demander, la priant de vouloir bien venir l’aider à recevoir des visiteuses.

Dans les premiers temps de son séjour à Cannes, elle s’amusait naïvement de remplir ces devoirs de maîtresse de maison. Mais elle était lasse, maintenant, de la vie mondaine, de ses obligations, de ses futilités.

Elle descendit lentement, et même, avant d’entrer, elle s’arrêta une seconde, tant elle se sentait triste… Puis, elle souleva la portière.

— Suzy, est-ce toi, enfin ?… Gladys est en promenade, tu ne venais pas !… J’ai cru que je ne vous verrais ni l’une ni l’autre, fit une voix joyeuse.

Et Suzy demeure stupéfaite en apercevant, devant elle, sa cousine Germaine qui se précipitait à son cou avec effusion.

— Germaine ! Tante Arnay !

— Elles-mêmes ! Suzy, ne nous regarde pas ainsi étonnée !… C’est bien nous que tu as sous les yeux ! fit gaiement Germaine, tandis que Mme Arnay se répandait en exclamations sur la bonne mine de sa nièce, que l’émotion, d’ailleurs, avait rendue toute pâle.

— Ma chère, continuait Germaine, nous sommes chargées, par ta mère, de t’enlever à lady Graham et de te ramener à Paris puisque, maintenant, lady Graham a Gladys auprès d’elle et, de plus, ne va pas tarder à quitter Cannes !

— Me ramener ! répéta Suzy, qui n’osait croire aux paroles entendues. Avidement, pour s’entendre confirmer la bienheureuse nouvelle, elle écoutait Mme Arnay qui parlait à lady Graham avec son habituelle volubilité.

— Oui, très chère amie, c’est une vraie fugue que nous avons faite en venant passer ici une dizaine de jours. Mais, dans cette fin de carême, sans aucune réception possible, Paris devenait mortel, à tel point que je l’ai déserté avec empressement dès que mon mari m’en a fait la proposition. Et, comme je vous le disais, Mme Douvry souhaite si vivement revoir Suzy, que j’ai promis de vous la demander avec toute mon éloquence.