— Ma chère petite, fais donc demander au jardinier de te cueillir quelques fleurs. Je sais que tu les aimes beaucoup !… Ce sera pour toi un souvenir du Castel !

— Oh ! merci, tante. Mais il est inutile de déranger personne ! Je puis bien faire ma récolte moi-même !…

— Bien, bien, mon enfant, je te laisse alors. Dans un instant, j’irai t’embrasser pour te faire mes adieux !…

Suzy, heureuse d’occuper ses derniers moments d’attente, sortit de la maison après avoir pris, dans le vestibule, un panier pour y déposer ses fleurs.

Devant le perron, M. de Berly et Georges de Flers arpentaient l’allée, dégustant leurs cigares. Tous deux s’arrêtèrent en voyant apparaître Suzy.

— Vous avez l’air du petit Chaperon rouge avec votre panier, Suzanne. Il ne vous manque que le traditionnel pot de beurre !… Où allez-vous ainsi ? demanda M. de Berly.

— Chercher des roses !… Voire même toute autre fleur.

Georges jeta aussitôt son cigare et se rapprocha de Suzy.

— Est-il possible de vous aider dans votre moisson ? mademoiselle. Je vous serais très reconnaissant, dans ce cas, si vous daigniez accepter mes services.

Réellement, pour couper quelques tiges, Suzy n’avait pas le moindre besoin de Georges de Flers. Mais elle était douée d’un petit brin de coquetterie, et elle jugeait agréable de s’entendre prier. Vraiment aussi, depuis la veille, Georges ne lui paraissait plus un étranger ; presque un ami, au contraire.