Par acquit de conscience, elle commença pourtant, d’un ton d’indécision drôle, s’adressant à son cousin :
— J’ai peur, Charles, que vous ne m’en vouliez si je vous prive de la compagnie de M. de Flers.
— Suzanne, que votre délicatesse se rassure ! Un homme en société avec son cigare n’est jamais seul… Allez faire votre cueillette !… Mais dépêchez-vous, car dans dix minutes, il faut partir si vous ne voulez manquer votre train.
Tout bas, Suzy pensa qu’elle n’eût pas été très, très fâchée de ce contretemps… Ses regrets se réveillaient plus vifs à mesure qu’approchait le terme de son séjour au Castel.
Sa gaieté avait disparu. Elle ne causait plus, montrant, sérieuse, à Georges, les fleurs qu’elle désirait et qu’il coupait pour elle.
— Voulez-vous encore cette rose ?… Voyez comme elle est veloutée !
— Oh ! oui !… Je veux bien.
Elle pensait :
— Pourquoi cette Gladys Tuffton arrive-t-elle ?… Je serais encore restée trois jours !… Puisque maman le permettait…
— Comme vous êtes grave ! mademoiselle Suzanne, dit Georges de sa voix caressante.