Elle répliqua vite, confuse, comme s’il eût pu deviner à quoi elle songeait :
— Je suis toujours ainsi les jours de départ !… Je déteste les départs !… Je trouve le mot d’« adieu » très difficile à prononcer !
— Moi aussi parfois !… Mais il y avait longtemps que je ne l’avais aussi bien compris qu’aujourd’hui !
L’éclat rose du visage de Suzy s’accentua de cette fugitive rougeur que Georges aimait à y voir naître, car elle était une satisfaction pour ses yeux d’artiste.
Pourtant elle répondit un peu moqueuse — peut-être afin de cacher qu’elle était charmée :
— Quelle jolie chose que la politesse !
Il fit un geste pour l’arrêter, mais elle continuait, tout en rassemblant, d’un air raisonnable, ses fleurs en bouquet :
— C’est très aimable à vous de me parler comme vous le faites ! Mais je sais bien que les absents sont vite oubliés !… Toujours il en arrive ainsi !
— Êtes-vous déjà désillusionnée à ce point ? mademoiselle Suzanne.
— Je parle par ouï-dire, parce que je me souviens de ce que j’ai entendu déclarer par des personnes d’expérience !