— André, voulez-vous m’excuser ? dit Mme Douvry. Je vais voir ce dont il s’agit. Les domestiques donnent parfois de si étranges renseignements…

Le jeune homme se leva aussitôt, prêt à se retirer. Mme Douvry l’arrêta.

— Ne partez pas encore, puisque vous désirez parler à mon mari… Je reviens tout de suite…

Mais en dépit de ces paroles, l’accent de Mme Douvry trahissait une légère hésitation, et ses yeux allèrent rapidement du jeune homme, debout devant elle, à Suzy qui s’était réfugiée sur le balcon.

La réponse d’André coupa court à son indécision :

— Puisque vous avez la bonté de m’y autoriser, madame, je vais attendre M. Douvry, car je préférerais de beaucoup, recevoir de vive voix ses instructions.

— Très bien alors ! dit Mme Douvry.

Une indéfinissable expression flottait sur ses lèvres ; mais elle n’ajouta rien et sortit.

Au bruit de la porte qui se fermait, Suzy se détourna et vit le jeune homme seul dans la pièce. Alors, dominée par un instinct de politesse, elle fit un mouvement pour revenir dans le salon.

Mais André ne le lui permit pas.