— Ne rentrez pas à cause de moi, je vous en prie. Je puis fort bien attendre seul ici le retour de monsieur votre père… à moins que vous ne me permettiez de vous continuer ma visite sur le balcon ?

Quelle douceur il y avait dans la voix d’André et combien le sourire allait à ses traits austères, à ses lèvres qui ne savaient pas mentir…

Ah ! pourquoi, jadis, ne lui parlait-il pas ainsi ?… Pourquoi se renfermait-il dans cette réserve froide qui les avait éloignés l’un de l’autre ?

Elle fit effort pour lui répondre et parvint à dire, presque en souriant :

— Mon balcon vous est ouvert et je ferai de mon mieux pour vous y bien accueillir !…

Oh ! oui de son mieux !…

Il vint aussitôt la rejoindre ; et, voyant qu’elle regardait le ciel empourpré, il reprit — comme s’il eût voulu ôter tout caractère d’intimité à leur conversation :

— Quelle admirable fin de jour, n’est-ce pas ? Mais vous êtes habituée aux soirées du Midi et les autres doivent vous sembler bien ternes… Vous aimez beaucoup le Midi ?…

Elle tressaillit. Était-ce une question ou bien une réflexion ?… Elle ne le sut pas.

— C’est vrai, dit-elle lentement, je l’aime. J’ai eu, à Cannes, de bonnes heures que je n’oublierai pas… Mais je suis heureuse… bien heureuse… d’être revenue enfin ! Jamais, jamais plus, je ne m’en irai ainsi !… Non, jamais !