M. Douvry sembla encore hésiter une seconde. Puis il se dirigée vers la chambre de sa femme.
Elle écrivait et releva la tête avec un sourire, en reconnaissant son pas.
— Comment, déjà, Robert ? dit-elle, le saluant de la même exclamation que Suzy.
— Oui, j’ai quitté mon bureau plus tôt qu’à l’ordinaire.
Il parlait d’une voix indifférente, comme si sa pensée eût été absente ; et il s’assit lourdement dans un fauteuil perdu dans la demi-ombre de la pièce.
Mme Douvry ne pouvait distinguer l’expression de son visage, mais son intonation l’avait frappée et elle attendait un peu inquiète. Devant elle, la lettre restait, un mot inachevé, la blancheur du papier éclairant le cuir sombre du buvard.
— Robert, pourquoi ne me parlez-vous pas ? Qu’y a-t-il ? interrogea-t-elle, luttant contre l’indéfinissable angoisse qui lui montait au cœur.
— J’ai… j’ai une nouvelle… désagréable à vous apprendre, Jeanne, dit-il avec effort.
— « Désagréable » seulement ?
Elle s’efforçait de garder un ton calme, mais ses lèvres tremblaient un peu.