— Peut-être as-tu raison, Charlotte. Peut-être devrais-je me résigner à l’exil de ma Suzy !… toutefois si elle y consent !…

— Interroge-la tout de suite, car le temps presse ! Lady Graham, d’un jour à l’autre, peut rencontrer la compagne de voyage qu’elle souhaite, et alors…

Sans répondre, Mme Douvry se leva et, sonnant, fit demander Suzy.

Au bout d’une minute, un pas léger retentit dans la pièce voisine, et Suzy, soulevant la portière, vint offrir son frais visage aux lèvres de sa tante.

— Mère, vous m’avez demandée ?

— Oui, Suzy. Ta tante a une proposition à t’adresser.

Il y avait dans la voix de Mme Douvry un frémissement qui frappa la jeune fille.

— Une proposition ?… à moi ?… interrogea-t-elle avec une sorte de curiosité anxieuse.

Mme Arnay intervint.

— Oui, mon enfant, voici ce dont il s’agit…