Et, avec une imperceptible nuance de hauteur, elle expliqua :
— Mademoiselle était venue de la part de Mme de Guernes m’offrir ses leçons pour les enfants et je l’avais priée de me mettre à même de juger de son talent… qui est en effet fort beau…
On eût dit qu’elle prononçait à regret cet éloge, contrainte seulement par la nécessité.
— Mais, ma chère, fit M. de Vricourt étonné, ne vous ai-je pas entendue déclarer, ce matin même, que vous vous étiez enfin arrangée avec une personne, excellent professeur, qui avait, de plus, passablement besoin de trouver des élèves !…
La jeune femme eut un geste d’impatience.
— Je sais bien. Mais il est toujours possible de se dédire, de trouver un prétexte, et si le jeu de mademoiselle me convenait mieux…
Toute la délicatesse, la droiture fière de Suzy l’emportèrent dans un élan irréfléchi.
— Oh ! madame ! jamais je ne consentirais à prendre la place d’une autre personne dans ces conditions !… Ce serait trop mal !
Une fugitive rougeur courut sur le visage de Mme de Vricourt, et son regard qu’elle levait irrité vers la jeune fille, se baissa devant la flamme de reproche qui étincelait dans les yeux de Suzy.
La voix mordante, presque agressive, elle dit :