— What a fine girl ! murmura-t-elle.
Puis, se penchant vers Mme Arnay, elle demanda :
— Quelle est donc cette jeune fille ? Je ne me rappelle pas l’avoir jamais vue chez vous.
— Ma nièce, Mlle Douvry !
— Mlle Douvry !… N’est-ce pas une personne de ce nom que vous m’aviez proposé d’emmener à Cannes !… Vous savez que je n’ai toujours aucune compagne en perspective !… Je suis bien ennuyée !
La jeune femme avait dit ces derniers mots d’un ton un peu plus élevé, si bien que Suzy les entendit.
Un froid lui passa au cœur. Elle eût voulu ne plus écouter ; mais, les nerfs tendus, elle distingua, avec une impitoyable netteté, la réponse de Mme Arnay, faite pourtant en aparté.
— Chère madame, je ne sais vraiment qui vous adresser. C’est de ma nièce même que je vous avais parlé. Je vous ai expliqué, je crois, par quelle suite de circonstances elle aurait pu et dû accepter votre proposition. Mais elle ne s’est pas décidée et, à mon avis, elle a eu grand tort…
Lady Graham n’insista pas. Mais tandis qu’elle se mêlait à la conversation générale, ses yeux vifs allaient sans cesse vers Suzy qui causait fiévreusement dans le cercle des jeunes filles.
Un instant, leurs regards se rencontrèrent comme si un aimant les eût attirés l’un vers l’autre.