Sa voix résonnait très douce avec cette intonation que Suzy lui avait entendue un soir, au Castel, quand elle était désolée ainsi. Et, comme alors, un irrésistible élan de reconnaissance l’emporta vers lui.

— Pourquoi êtes-vous triste ?

— Parce que lady Graham m’a décidée à l’accompagner à Cannes ! Et il me paraît si terrible de m’en aller toute seule, sans personne des miens ! fit-elle plaintivement.

Elle avait parlé d’un petit ton d’enfant, plein de détresse, et une réelle compassion saisit Georges. Il eût voulu pouvoir la consoler.

— Il ne faut pas être si désolée, mademoiselle Suzanne, dit-il, avec un accent de vive sympathie. Le séjour de Cannes vous sera, je suis sûr, beaucoup moins pénible que vous ne le pensez. Lady Graham saura vous le faire aimer ; et après elle, tous nous serons heureux de l’aider dans ce soin…

Vivement, Suzy leva la tête vers lui et répéta le cœur battant :

— « Nous serons… » Est-ce que vous aussi, vous vous rendrez à Cannes cet hiver ?

— Oui… J’aime infiniment cette région du Midi et je compte y rester à peindre six semaines ou deux mois… peut-être plus…

Il avait imperceptiblement détaché les deux derniers mots qui arrivèrent à la jeune fille comme un discret hommage.

— Et j’espère bien, finit-il, que si je puis jamais vous y être bon à quelque chose, vous voudrez bien me traiter en vieille connaissance et compter sur mon entier dévouement.