Il parlait à tous, très peu à elle ; il la regardait à peine, mais elle ne pouvait prononcer le plus petit mot qu’il ne l’entendît. Et il tressaillit quand elle dit à sa mère :

— Oh ! maman, je crois que nous quitterons décidément Paris le 17. Lady Graham désire être installée à Cannes pour le commencement de décembre.

— Est-ce que vous devez vous rendre dans le Midi avec cette dame ? demanda André si surpris, qu’il en oublia sa timidité, qui lui interdisait, d’ordinaire, toute question.

— Mais oui !… Vous ne saviez pas ?…

Non, il ne savait pas ! Absorbé par de nombreux travaux, il avait dû espacer ses visites chez Mme Douvry ; il ignorait la grande décision. Et il restait bouleversé devant la nouvelle apprise ainsi soudain.

Mme Douvry lui expliquait les circonstances de sa voix triste, aux notes toujours lassées maintenant.

Et, courageuse jusqu’au bout, elle s’efforçait de mettre en lumière les côtés heureux de ce voyage à Cannes, cachant héroïquement à son mari, à la pauvre Suzy, quelle épreuve c’était pour elle de voir l’enfant s’éloigner.

— Oui, oui, je comprends, faisait André. Oui, tout cela est raisonnable. Mais, mon Dieu, qu’il me semblera… étrange, mademoiselle Suzanne, de ne plus vous voir ici !

— Vous me regretterez bien un peu, n’est-ce pas ? dit-elle, s’efforçant de rire, mais le cœur tout à coup gonflé d’émotion.

Avec son calme grave, il répondit simplement :