— Arrêtez-nous ! Arrêtez-nous !

— Je vous en supplie, taisez-vous ! commande Guillemette qui sent sa force s’épuiser, tandis que, d’un suprême effort, elle essaie de diriger le poney qui fuit éperdument.

Mais du groupe arrêté autour de l’auto un homme se détache et se lance à la tête du cheval qui l’entraîne un instant encore… Puis, dompté par la main solide, il s’arrête frémissant.

Et Guillemette, alors, inconsciemment, lâche les rênes que ses doigts lassés ne peuvent plus retenir. Sentant que l’homme qui tient son cheval — le chauffeur de l’auto, semble-t-il — en est le maître, volontiers, elle s’abandonnerait, brisée d’avoir ainsi lutté, et elle éclaterait en sanglots comme un bébé… Ce serait si bon, si reposant !…

Mais elle n’est pas femme à se donner en spectacle ; et surtout, elle voit Mademoiselle blanche comme une vierge de cire, les yeux clos.

— Ah ! elle va se trouver mal !… Vite de l’eau !

Elle essaie de sauter de la voiture. Mais la secousse éprouvée a été si forte qu’elle chancelle un peu. Ses pieds lui paraissent devenus lourds, au point qu’elle est incapable de les soulever pour avancer sur la route.

Heureusement, de l’auto on vient à son aide ; et tout le premier, un grand et mince garçon d’une vingtaine d’années, brun, les paupières bistrées sur de longs yeux noirs qui vont à Guillemette avec une expression charmée.

— Vous n’êtes pas blessée ? madame, demande-t-il.

L’accent est étranger. Guillemette en est frappée malgré son émoi. Hâtivement, elle dit :