— Guillemette, ce n’est pas possible ! s’exclame Mademoiselle très choquée.

— Attendez la suite, M’selle… Pour la correction, Régine m’a emmenée… Ces messieurs ont jugé bon de fourrager jusque dans les armoires et ils ont tenu à emporter, l’un une chemise, l’autre un cache-corset de Régine…

— Guillemette, je ne peux pas vous croire… Avouez que vous vous moquez de moi…

— Je vous dis la très exacte vérité ! jette Guillemette du même accent nerveux et méprisant.

— Et Régine a consenti à… à ce que voulaient ces messieurs ?

— Mais… pourquoi non ? C’était encombrant mais innocent d’emporter de pareils souvenirs…

Mademoiselle est ahurie. Il lui reste toujours l’idée que Guillemette raille ; et pourtant, elle n’en a pas la mine.

— Mon Dieu, Guillemette, que dirait Mme de Vausennes si elle savait cette vilaine histoire !…

— Soyez sûre qu’elle la trouverait très plaisante ! D’ailleurs, je crois que Régine l’a servie toute chaude dans le cercle que tenait sa mère… Mais comme j’avais vu, cela m’a suffi, et je n’ai pas écouté…

Silence. Mademoiselle est abasourdie. Guillemette laboure nerveusement le sable avec la pointe de son ombrelle, les yeux tournés vers la mer basse qui miroite au large.