— Guillemette, vous devriez avertir votre mère de… ce qu’il en est…
— C’est impossible, mademoiselle. Je ne peux pas aller raconter ce que je vois dans les maisons où je suis bien accueillie. Ce ne serait vraiment pas chic ! J’ai déjà eu tort de vous en dire quelque chose… Ça m’a échappé ! Et je le regrette très fort !
— Mais moi, je pourrais bien avertir madame votre mère…
Guillemette dresse la tête. Ses yeux violets paraissent noirs soudain :
— Vous ne devez pas… J’ai eu confiance en vous… Et ce serait mal de votre part de répéter ce qui est une confidence… A quoi bon, d’ailleurs… Pour agiter maman ?… Papa serait furieux et fulminerait. Il y aurait des scènes désagréables,… très inutilement !… Je suis d’âge à m’instruire.
— Guillemette, ne dites pas des… des stupidités ! jette Mademoiselle désolée. A quoi bon apprendre de vilaines choses et voir de vilaines gens !
— Mais, sage M’selle, ne vous effarez pas ainsi ! Il y a toutes sortes de chances pour que Maurice Vernaud épouse Régine qui en est emballée. Ainsi, il lui remettra dans sa corbeille le petit souvenir enlevé aujourd’hui et tout sera dit !…
— Oui… oui… Mais en attendant, vous ne devriez plus voir Régine… Ce n’est pas une amie pour vous… Elle est si mal élevée !
Guillemette a un rire bref :
— Mais, moi aussi, je suis de l’espèce des filles mal élevées. Vous savez bien que mon oncle est très souvent scandalisé à mon endroit !